menu

Ceci est mon corps écrit

prev
next
« Ceci est mon corps », pourrait-on dire en voyant ces images, mais tel quel, vierge de toute transaction religieuse ou symbolique.

Le corps, support bien réel d’une écriture tout aussi réelle, vu ici comme principe autosuffisant d’un rite de passage : celui qui consiste en un aller-retour assumé, de l’être raisonnable et esthétisé à la bête sombre qui sommeille en chacun de nous, prête à dévorer pour survivre et régner jusqu’à la fin des temps. Entre les deux flambe le poème, à fleur de peau, à fleur d’os, comme un lien intangible de la victime honorée à l’assassin sans remords. Ici, la femme donne la vie, mais aussi la mort, belle et dangereuse à la fois, guerrière et poétesse au cœur d’une forêt primitive et illimitée ; elle est le commencement et le principe même des mondes intelligents. Et de la toute première colère, aussi : celle de humain contre son Dieu géniteur. Le Père tout-puissant qui lui imposa de tuer pour se nourrir. De se nourrir pour être. Et d’être, à son image, mais souillé du sang de ces bêtes tant redoutées.

Monstres et autres curiosités
Paysages tremblés