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8 janvier 2017

7 janvier 2017

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7 janvier 2017

001

Veille,
ou contre toi pourrait s’assoupir le muet du monde,
et le rustre et l’aveugle,
et le mensonge qui voile
jusqu’à la plus lointaine clarté du cœur.
Veille,
que le tracé lugubre
qui assèche le cœur des pierres
ne vienne point suturer tes lèvres.
Veille,
puisqu’il te faut en découdre avec cet obscur imprononçable,
ce rien qui t’arrache aux dernières bourrasques du sang.
Veille,
que le vouloir transmis des choses secrètes
ne cesse d’ensemencer tes mains,
que la clarté soluble
éclabousse le porche fragile de tes insomnies.
Veille,
puisqu’il te faut connaître l’appel,
le tenir à bout de lèvres,
l’encager dans ta ronde de mots,
l’épingler à la fleur occulte du silence.
Veille,
puisqu’il te faudra hurler et
rouler entre tes joues comme bon vin
le millésime du bruit qui lève la langue et
retire de la gorge étranglée
ce que nulle mesure n’a su griffonner,
ce que nulle partition n’a pu écrire.
Veille,
puisqu’au fond de ton œil marqué,
dans le poinçon d’or ou s’initie l’enfance,
cet appel insensé te l’ordonne.