menu

Blog

9 février 2017

8 février 2017

Celui-là qui marchait,

inaccessible comme un rêve séparé de la raison,

celui-là d’un seul signe au travers du visage

ne prononçait jamais son nom,

ne livrait jamais le compte de ses doigts abimés par les tempêtes.

Il fallait un peu mourir contre sa grimace de pierre,

être chasseur d’aube le temps d’un autre corps

pour savoir au plus près le silence de ses pas.

Celui-là – pas un autre – avançait sur le quai,

entouré de sa propre nuit,

exemple entre les mains fébriles du monde.

Et jamais nous le nommions

tant son désespoir nous était familier,

à nous, qui portions aux épaules

la blessure vive de toutes nos défaites.

Mais comme il était déjà la si parfaite éclosion

de ce rien que nos âmes errantes

ne savaient comment apprivoiser!

Son regard d’éclaireur enlaçait la statue,

le givre matinal posé sur le marbre lisse

comme un signe irréparable du destin.

Sa main blanche dans la poussière

traçait un collier d’or autour de l’invisible.

Il disait:  

“Je suis comme le vent retourné au vide qui m’a fait naître.

Je suis comme le vent versé entre deux abîmes :

Ceci est ce qui demeure de mon enfance”.

6 février 2017

4 février 2017

3 février 2017

2 février 2017

1 février 2017

Donne-toi un lent chemin d’exil

jonché d’os immobiles.

Passe le seuil où nulle flamme

ne portera ton ombre.

Que tes narines s’égarent alors

sous la draperie des mousses.

Que tes oreilles interpellent

le litige du goutte à goutte.

Que ta main émue saigne

sous la coupure des silex.

Que tes pieds obéissants acceptent

de souiller la semence des origines.

Ne te retourne point :

Aucune légende n’existe encore.

 

31 janvier 2017

30 janvier 2017

28 janvier 2017